Livres
Trois ouvrages de Carol K. Anthony et Hanna Moog ont été traduits en français à ce jour. D’autres livres sont disponibles en anglais et en allemand sur le site « Anthony Publishing Company ».
Yi King, l’Oracle de la Voie du Cosmos, de Carol K. Anthony et Hanna Moog
Une approche à la fois philosophique et psychologique du Yi King, qui constitue un véritable outil d’introspection et de transformation intérieure. En nous laissant guider par l’oracle, nous apprenons à démasquer l’ego et à nous en défaire. Ainsi libérés, nous attirons l’aide du Cosmos dans notre vie, ce que le Yi King désigne par « succès ». Au lieu de chercher à développer des vertus comme si nous ne les avions pas déjà, nous nous débarrassons des croyances erronées qui nous ont éloignés de l’harmonie originelle avec le Cosmos. Il ne s’agit pas de « cultiver, cultiver, cultiver » mais plutôt de « diminuer », écrivait Lao Tseu (Tao Te King, vers 48).
Contient les hexagrammes pour tirer le Yi King
EAN : 9782952257336
2018 (première édition en 2009)
756 pages
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Hexagramme 3. Entreprendre un nouveau commencement*
(*Les auteures ont découvert, en consultant le Sage, que le titre traditionnel « La difficulté au commencement » sous-entend que tout commencement est difficile, ce qui lance un sort sur le fait d’entreprendre un nouveau commencement. Les auteures ont donc changé le titre en conséquence.)
Le Jugement : Cela fait avancer de persévérer dans le fait de ne rien entreprendre jusqu’à ce que la clarté soit atteinte. Cela fait avancer de désigner des Aides.
Tandis que les Hexagrammes 1 et 2 décrivent la nature fondamentale du Cosmos, le Sage utilise cet hexagramme-ci pour définir la place que l’humain y tient.
Une personne reçoit cet hexagramme lorsqu’elle « entreprend un nouveau commencement », que ce soit dans sa relation avec quelqu’un d’autre ou avec elle-même, dans son activité professionnelle, ou encore dans son apprentissage des leçons données par le Sage. Cet hexagramme veut lui faire prendre conscience que ce nouveau commencement est un don cosmique, maintenant qu’un destin qu’elle avait créé est arrivé à terme. Pour entreprendre un réel nouveau commencement, elle a besoin de comprendre avec « clarté » la Loi cosmique du Destin. (Voir Glossaire : Destin).
Le don cosmique qui permet à la personne d’entreprendre un nouveau commencement peut survenir sous la forme d’un héritage, d’une relation amoureuse, d’un enfant, ou d’une aide quelle qu’elle soit. Ce don est l’expression de la générosité du Cosmos (de la Nature), qui accroît tout ce qui est en harmonie avec lui. Un des objectifs du Destin est de ramener une personne à l’humilité, état d’harmonie avec le Cosmos. Le don lui permet de ressentir cette harmonie, et ainsi de bénéficier du flot constant de bénédictions que lui adresse le Cosmos.
Au début, la personne ne sait pas comment se relier au don. Les traits de cet hexagramme la guident pour y parvenir. Dans une première étape, elle prend conscience de la nature cosmique du don. Dans une seconde étape, elle prend conscience de son objectif : le don reçu est destiné à l’aider à libérer son vrai soi. Il est là pour lui offrir l’opportunité d’approfondir sa compréhension de la dynamique de la vie, à la fois dans ses aspects visibles et invisibles. Dans une troisième étape, elle reconnaît sa responsabilité envers ce don. Cette responsabilité consiste à ne pas laisser l’ego s’approprier le don à ses fins, ce qui adviendrait si le don était utilisé pour développer une nouvelle image-de-soi : celle de « bienfaiteur » ou de « personne d’influence » (don d’argent). Dans le cas où le don est un enfant, le danger réside dans le fait d’adopter une image-de-soi qui correspond au rôle de la mère, ou bien au rôle du père ou du « chef de famille », tels qu’ils sont définis par l’ego collectif. Dans le cas où le don est une relation amoureuse, l’image-de-soi peut être celle de « l’homme qui domine » ou de « la femme qui cède », ou inversement.
Dans tout nouveau commencement, l’ego, qui n’a pas encore été délogé, accourt pour flatter la personne en lui exposant le nouveau statut ou les divers avantages auxquels elle pourrait accéder grâce au don reçu. Si elle écoute ces flatteries, ou les entretient d’une manière ou d’une autre, l’ego parvient à garder le contrôle. Serviteur de l’ego collectif, l’ego individuel est toujours un « voleur » (Voir Trait 2) prêt à dérober les dons cosmiques, dans le but de les mettre au service de l’ego collectif. Il espère ainsi obtenir l’approbation, les récompenses et l’autorisation de celui-ci. Lorsque la personne laisse l’ego s’emparer du don, elle crée un nouveau destin.
Une personne reçoit fréquemment cet hexagramme lorsque, en entamant une leçon avec le Sage qui parle à travers le Yi King, elle y apporte inconsciemment ses idées préconçues, ses peurs, ses attentes et ses approches préétablies des situations. Tant que ces éléments préexistants sont en place, « rien ne devrait être entrepris », car ils influeraient sur la situation à l’insu de la personne. Ceci est vrai de tout nouveau commencement.
Cet hexagramme désigne également une personne qui cherche à entreprendre un nouveau commencement, maintenant qu’une idée ou une croyance erronée qu’elle entretenait s’est consumée. (Voir Glossaire : Se consumer.) Toutefois, ce nouveau commencement ne pourra pas être entrepris si la personne apporte avec elle sa colère, sa déception ou sa peur d’un nouvel échec, dans la mesure où cela l’empêcherait d’avoir l’ouverture nécessaire pour communiquer avec le Sage, ou pour « désigner des Aides » (les Aides du monde invisible), ainsi que le Jugement le recommande.
Cet hexagramme permet à l’étudiant débutant de prendre conscience que sa situation présente est le matériau dans lequel il est supposé appliquer ce qu’il apprend. Aucun détail de son expérience n’est trop petit ou insignifiant pour être utilisé dans ce processus d’apprentissage. Le Sage ne donne pas de leçons théoriques, mais utilise les circonstances présentes pour lui enseigner que chaque situation contient une vérité intérieure imperceptible à l’œil nu. Il montre ensuite à l’étudiant de quelle façon il est supposé se relier aux situations, par exemple en disant le Non intérieur à ce qui est incorrect et en invoquant les Aides du monde invisible, afin qu’elles corrigent la situation.
« Cela fait avancer de persévérer dans le fait de ne rien entreprendre » désigne la nécessité, avant qu’un nouveau commencement puisse avoir lieu, de « suspendre notre incrédulité »* l’espace d’un instant. (*NdT : « suspension of disbelief » en anglais, d’après la théorie du poète britannique Samuel Taylor Coleridge, selon laquelle un public, s’il accepte provisoirement de tenir pour vraies les hypothèses d’une fiction, obtient en échange la promesse de se divertir.) Le Sage sait que chaque personne apporte avec elle des systèmes de croyances en conflit avec ce qu’elle apprend. Il ne s’engage jamais dans une dispute ni ne s’efforce de prouver quoi que ce soit, mais laisse la personne découvrir la vérité par elle-même, souvent de manière répétitive, jusqu’à parvenir à une connaissance intérieure. Ceci ne peut advenir, néanmoins, si la personne n’est pas disposée à mettre provisoirement sa méfiance de côté, et à « suspendre son incrédulité » ne serait-ce qu’un instant. Seul cet effort est nécessaire. (...)
La Philosophie du Yi King, de Carol K. Anthony
Carol Anthony confie ici ses expériences de méditation qui, durant de longues années de consultation du Livre des Transformations de Richard Wilhelm l’ont éclairée sur le sens des métaphores du Yi King. En « voyant » et en « entendant » le « Sage » – la voix qui s’exprime à travers l’oracle –, les principes de sagesse à l’œuvre dans le Cosmos lui ont été révélés. De même, les subtilités du fonctionnement de l’ego lui sont apparues. L’auteure apporte de multiples conseils pour consulter l’oracle efficacement, pour « méditer avec le Sage » et pour vérifier rétrospectivement si le message donné a été bien compris.
EAN : 9782952257305
2004
238 pages
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Chapitre 1 : Aperçu du « Yi King – Le Livre des Transformations »
"Les hexagrammes du Yi King reflètent les mécanismes du Tao, la volonté cosmique, non seulement à l'échelle très vaste du Cosmos, mais aussi dans les circonstances les plus infimes de la vie. En les consultant, nous interceptons les images avant qu'elles ne deviennent réalité, ce qui nous permet de changer notre destin en nous adaptant aux exigences du moment. Les hexagrammes que nous recevons en lançant des pièces au hasard sont une coupe transversale de toutes les tangentes de changement créées par notre attitude intérieure. Le Yi King souligne l'impact de notre manière d'être sur les autres, et montre comment cette attitude, soit attire les forces favorables du monde caché, soit les repousse."
Chapitre 2 : « L'homme noble » et « l'homme vulgaire » en tant qu'aspects de la personnalité
"Une fois démantelé ou dispersé, l’ego tente de se réintroduire de diverses manières, toutes plus séduisantes les unes que les autres. Venir à la rencontre (Hex. 44) décrit sa réintroduction comme une humeur légèrement négative, à peine remarquable, qui, une fois observée, se transforme immédiatement en une voix qui geint et se lamente. Si nous l’écoutons avec bienveillance, comme lorsqu’un enfant se plaint, nous sommes immédiatement aspirés dans son tourbillon de négativité. Puis, soudainement, l’ego ne veut plus de notre bienveillance et nous ordonne d’agir selon ses idées, comme lorsqu’il affirme : « Il faut que ça change, sinon… » Si nous ne lui résistons pas tant qu’il est faible et qu’il s’apitoie sur lui-même, il retrouve bientôt toute sa force et devient effrontément obstiné, fier, défensif et querelleur, justifiant son attitude par le fait qu’il vaut mieux être déterminé plutôt que fade et insipide. C’est pourquoi il est écrit dans le premier trait de Venir à la rencontre (Hex. 44) : « Il faut le freiner avec un frein de bronze. Même un cochon maigre trouve là l’occasion d’exercer sa fureur à la ronde. » L’ego est toujours dans l’effort. Il ne s’arrête jamais et il est ambitieux. Dans son ambition, il essaie de faire mille choses d’un coup, ne connaissant aucune limite. Il admire avec exubérance, haït avec passion, s’autorise de petits caprices, fait semblant et, plein d’arrogance, dit aux autres ce qu’ils devraient faire ou ne pas faire, sans aucun respect pour leur espace intérieur. Il regarde vers le ciel en quête de protection tout en continuant à mal agir. Il pèse et sous-pèse chaque chose, cherchant à être récompensé pour chaque bonne action réalisée. Il regarde constamment dans son miroir intérieur pour voir comment il réussit. Il recherche la gloire des grands chemins et méprise la patience tranquille des chemins écartés. Il est jaloux, vindicatif et impatient. Il relève constamment des défauts chez les autres, mais n’en voit aucun chez lui. Puisqu’en cas de choc, il disparaît, on peut dire que c’est un vrai lâche. C'est aussi un tyran. Il s’ennuie facilement, par conséquent, il recherche l’exaltation et les sensations. Il se laisse souvent aller à une curiosité envieuse. Il ne cherche jamais le vrai apprentissage et n’utilise la connaissance que pour servir sa propre image. Mais il est lent d’esprit et s’endort dès que nous demeurons paisibles. Pour cette raison, « l’immobilisation », ou méditation, est capitale pour parvenir à le contrôler. Comme la peur, il a mille déguisements, mais dès que nous commençons à les connaître, nous sommes capables de nous y opposer fermement et de les contrôler.
L’ego se fie aux approches et aux formules toutes faites pour résoudre les problèmes. Mais nous fier à ce type de réponses programmées bloque l’aide et les conseils que nous pouvons recevoir de la puissance supérieure. Nous ne pouvons en effet recevoir son aide que lorsque nous demeurons réceptifs et non structurés dans notre pensée. Les règles préétablies sont destinées à nous défendre contre l’inconnu. Pourtant, un jour, en méditation, je vis un mur de compartiments identiques aux casiers utilisés pour trier le courrier à la poste, sauf que ceux-ci étaient en verre. Je pus voir également que chaque compartiment contenait quelque chose, là encore, comme du courrier. Alors même qu’il me vint à l’esprit que chaque compartiment contenait un point de vue structuré que j’avais au sujet de quelque chose, tout le dispositif s’effondra avec fracas. Je me sentis très mal l’espace d’un instant, voyant que toutes mes idées bien réfléchies et soigneusement compartimentées s’étaient effondrées. Mais je réalisai ensuite que ces points de vue structurés m’empêchaient aussi de voir les choses sous une nouvelle perspective. Une autre fois où je méditais, je vis que je m’étais barricadée à l’intérieur d’un terrier (derrière des réglementations) pour me protéger de problèmes récurrents que je rencontrais alors dans mon activité professionnelle. J’avais une mitraillette et étais prête à tirer sur tout ce qui bougeait. Soudain, une voix venue du ciel me dit : « Sors de là ! » Elle était si autoritaire que je sentis que je devais obéir, non sans protester que j’allais me faire tuer. Au bout d’une minute au-dehors, en plein champ de ceux qui pouvaient tirer, rien ne se produisit. La voix dit alors : « Tant que tu te défends, tu ne peux être défendue. » Je pris conscience que le Cosmos me défend toujours, dès que j’abandonne mes propres défenses."
Chapitre 6 : « L'action » dans les relations humaines
"C'est la nature du créateur de favoriser, lit-on dans Le créateur (Hex. 1). Favoriser peut survenir à de nombreux niveaux. Quand nous consultons le Yi King pour la première fois et qu'il répond que si nous nous relions correctement, la situation sera avantageuse, nous interprétons cela comme signifiant que nos desseins seront atteints, ou que de très grands progrès seront observés. Nos espoirs et nos attentes, influencés par le désir, nous font oublier le sens courant du terme, bien plus simple, à savoir que le premier pas vers un objectif, quel qu'il soit, est de voir avec clarté ce qui doit être réalisé. (...) Atteindre la clarté intérieure nous donne la force de patienter, car en voyant comment les choses fonctionnent à l'échelle cosmique, tout sentiment de menace susceptible d'accompagner un choc ou une ambiguïté disparaît. Nous découvrons que la clarté est force, et qu'il n'est donc pas surprenant que le travail du Sage soit de nous aider à l'atteindre. Avoir ou non la clarté est la différence qui existe entre observer un jardin d'une altitude suffisamment élevée pour voir l'agencement des rangées, et être au beau milieu de ce jardin où aucun semblant d'ordre n'apparaît."
L’Amour, une Connexion Intérieure. D’après les Principes d’Harmonie du Yi King, de Carol K. Anthony
Carol K. Anthony décrit ici la relation amoureuse comme un don du Cosmos destiné à réveiller, soigner et nourrir l’être véritable de deux personnes connectées intérieurement. Elle montre comment le fait de retrouver l’harmonie avec le Cosmos en suivant les principes de sagesse issus du Yi King permet de triompher des obstacles rencontrés (présence de l’ego, pression des traditions et des conventions…). La relation s’inscrit alors dans la durée et les deux partenaires trouvent l’espace nécessaire à leur épanouissement et au développement de ce qu’ils sont véritablement.
EAN : 9782952257329
2017
176 pages
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"Le Yi King, bien entendu, peut être appliqué à toutes sortes de relations et de situations. La plupart des grands commentaires chinois sur le Yi King soulignent d’ailleurs sa parfaite capacité à délivrer des conseils pour chaque circonstance. Selon mon expérience, ses conseils s’appliquent en premier lieu à l’amour, non seulement dans son sens le plus large d’ouverture du cœur et de l’esprit, mais aussi dans sa dimension la plus personnelle, la plus concrète et la plus intime. Je pense, en outre, que le premier objectif et le principal usage du Yi King consistent à nous aider à accroître notre conscience de l’intelligence cosmique omniprésente, qui s’exprime infailliblement sous la forme de sentiments d’amour, et que cette prise de conscience se produit et se maintient grâce à notre expérience de l’amour sur le plan personnel. Le concept selon lequel nous existons au sein du grand principe cosmique de l’amour, ou en sommes une émanation et une continuation, est sous-jacent dans le Jugement de l’Hexagramme 1. Les tout premiers mots proclament : « Le créateur opère une sublime réussite… » Ce qui est ainsi expliqué par Confucius : « Grande en vérité est la puissance originelle du créateur ; tous les êtres lui doivent leur commencement. Et cette puissance pénètre le ciel tout entier. » Le mot « succès » – ou « réussite » –, qui apparaît si souvent dans les déclarations de bonne fortune tout au long du Yi King, signifie que l’unité (avec autrui, le Cosmos, notre vraie nature, etc.) est réalisée.
Les deux premiers hexagrammes du Yi King représentent les deux forces primordiales du Créateur et du Réceptif. De par leur interaction, il est dit qu’elles « donnent naissance à toute chose » et sont appelées forces « yang » et « yin ». Dans le symbole classique du yin-yang, elles sont représentées entrelacées – comme si elles s’étreignaient – à l’intérieur du cercle de l’unité cosmique appelée Tai Chi, qui représente le Tout. Les forces yin et yang sont non seulement indissociables, mais aussi parfaitement égales, interdépendantes et interactives. En tant que polarités, elles ne sont pas en opposition, mais se complètent l’une l’autre. Les différentes interrelations de ces deux forces primordiales constituent l’ensemble des 64 hexagrammes, ou chapitres, du Yi King.
Le Trait 4 de l’Hexagramme 3 conseille à ceux qui le reçoivent de « poursuivre l’union ». L’image est celle d’un cheval et d’un chariot détachés. Lorsque le cheval et le chariot sont attachés, et donc opérationnels, ils représentent deux éléments, tels deux partenaires, dont le dessein est d’œuvrer ensemble pour parvenir à un résultat qui bénéficie au Tout. La réalisation de l’unité et de l’harmonie entre personnes est considérée dans de nombreux Traits du Yi King comme le but ultime de tous nos efforts.
Les Hexagrammes 5 et 27 mentionnent une « nourriture » désignant l’amour. Les Hexagrammes 8 et 13 nous confirment que l’amour est le seul objectif légitime à poursuivre et que nous y parvenons en nous reliant correctement aux autres. Cela sous-entend que les conditions essentielles à toute association – ce qui est juste et équitable d’un point de vue cosmique – doivent être réunies pour établir une base durable. Les Hexagrammes 34, 7 et 9 nous invitent à nous débarrasser de nos habitudes mentales décadentes qui brisent l’unité au sein des relations. Ils s’appliquent en cela à la relation amoureuse, ainsi qu’à notre relation avec le Cosmos. Les Hexagrammes 26 et 62 nous guident à travers les crises dues aux malentendus qui affectent les relations. L’Hexagramme 31 a pour sous-titre « la demande en mariage » et traite de la manière dont la relation amoureuse peut se manifester. L’Hexagramme 37 concerne l’amour au sein de la famille. Il s’applique également à toute relation entre deux personnes ayant un lien intérieur fondé sur des affinités naturelles. L’Hexagramme 54 souligne les dangers des relations nées de tentations trompeuses, ainsi que l’importance d’être fidèle à nos valeurs. L’Hexagramme 44 est similaire. Il énumère les principes essentiels de la rencontre d’autrui, « à mi-chemin »* (*NdT : « to meet one another halfway » dans la version anglaise du Yi King de Richard Wilhelm – soit littéralement, se rencontrer à mi-chemin. L’expression a été traduite par « venir l’un vers l’autre » dans la version française.) et décrit la réciprocité égale qui est fondamentale à la réussite d’une relation. L’on peut donc dire à juste titre que le Yi King traite bel et bien d’amour.
Tous ces hexagrammes décrivent un Cosmos opérant à partir de principes différents de ceux auxquels nous nous référons habituellement. La réalité cosmique peut être comparée à une image cachée derrière une autre image plus évidente. Cette image cachée est l’Ordre cosmique présenté tout au long du Yi King comme le système d’harmonie qui sous-tend et, au niveau ultime, détermine toute chose. Elle est totalement à l’opposé de l’image que l’histoire donne du Cosmos et de ses rouages. La « réalité » historique a été modelée par les idées humaines, puis a elle-même modelé notre esprit afin qu’il se conforme à elle plutôt qu’à ce que le Yi King appelle notre sentiment intérieur de vérité – un sentiment provenant de nos sens. Il en résulte une déconnexion de notre pensée par rapport à nos sentiments, ainsi qu’une perte de contact avec notre perception intérieure de la vérité. Si nous nous relions aux autres sur la base des mœurs institutionnalisées, nous ne pouvons pas nous relier à eux en suivant notre sentiment naturel. Le Yi King nous fait prendre conscience du fait qu’en reconnaissant la valeur de nos sentiments, nous pouvons revenir à l’harmonie avec notre vrai soi, et ainsi nous reconnecter avec l’abondance de bénédictions que le Cosmos est toujours prêt à accorder au soi véritable. Le Yi King s’avère très utile pour nous montrer comment revenir à notre vrai soi, et ainsi donner du sens à nos relations. Lorsque l’image cachée de la réalité cosmique devient visible, l’image plus apparente de la réalité historique s’avère être totalement fausse. Cette fausse image est alors remplacée par la beauté étincelante de la réalité cosmique."
